Je me suis fixé comme objectif d'intégrer cette année une célèbre liste de diffusion et de mutualisation de travaux d'agrégation, connue pour la qualité des échanges et des contributions. Bien sûr, on peut faire sans, (j'en ai déjà bien assez avec les devoirs de la marquise), mais je ne sais que trop le bénéfice que l'on peut retirer de rédiger très tôt dans la préparation des exercices relativement exigeants.
   Néanmoins, cette première explication de texte de l'année naît dans d'atroces souffrances intellectuelles. Je pensais minimiser le risque en m'attaquant à l'incipit de La Jalousie d'Alain Robbe-Grillet, texte que je connais bien pour l'avoir eu sur ma liste de bac en... 1994... mais c'était sans compter sur deux sérieuses entraves à la facilité : le texte avait été vu dans une optique de commentaire composé et non d'explication de texte, et surtout c'est une analyse de niveau Première !!! Je mesure maintenant le chemin parcouru et qui reste à parcourir entre l'élève de première L à qui tout réussissait et le niveau agrégation que je dois atteindre... C'est vertigineux.
   Alors j'ai repoussé et encore repoussé le moment d'affronter (dieu que je n'aime pas ce mot) le texte, d'y entrer, de me mettre face aux difficultés. Peur de ne pas y arriver, peur de ne pas être à la hauteur... Mais l'échéance approche et je dois me dépêcher car un commentaire composé m'attend encore. Je n'ai que jusqu'au 31 juillet pour rendre ces deux travaux.

   J'ai donc choisi une date pour avoir un brouillon exploitable, ainsi qu'une date limite pour rédiger cette première contribution. Elle aurait dû être finie hier soir. J'ai donc passé plusieurs heures cette nuit à laborieusement mettre en forme ma pensée. Les idées ne se matérialisaient qu'au forceps, mais au final, j'ai réussi à achever un premier axe d'étude, et ma foi, on dirait que la machine est lancée. Je n'ai pas terminé le travail, mais je compte bien mettre un point final ce soir, enfin cette nuit...

   Le compte à rebours est lancé. Le commentaire doit lui aussi encore prendre forme. Il en est loin, mais depuis cette nuit, j'ai repris, un tout petit peu, confiance. Je me sens une âme de maïeuticienne... !300px_NAMA_Accouchement_1








                                                      Figurine représentant une sage-femme et une femme en
         train
d'accoucher, provenant de Chypre, début du Ve siècle av. J.-C.