Voilà...

le sésame tant convoité m'a été accessible. Je suis passée de l'autre côté du miroir. J'ai découvert une ruche bourdonnante d'abeilles travailleuses et courageuses. Je suis ravie d'être devenue l'une d'entre elles.
  Ce mois d'août est celui de tous les défis. La maison grouille de monde, et même si tout ce joyeux tintamarre est plein de vie, il me force à m'éloigner de ma table de travail. Il me rend tout simplement improductive.
Tiens, on m'appelle pour aller chez le boulanger, je reviens ....

   Nous sommes 9 à table tous les jours. Ma mère ne peut pas faire face à elle toute seule. Alors donner un coup de main, être présente pour les tâches ménagères est le prix à payer pour que mes enfants aient de l'espace, et que quelqu'un d'autre que moi puisse s'en occuper. C'est peu cher payé, mais ma concentration est si fragile qu'elle en pâtit.

   Peu importe, I'm on my way. Trois devoirs à rendre ce mois-ci. Quoi qu'il en coûte, ils seront faits. Je n'ai pas le choix. Cette année, je suis payée pour cela.

Pour commencer, pénétrer l'univers d'Arthur Rimbaud. Pour un joli sujet de dissertation... que j'ai prévu d'avoir terminé au plus tard dimanche 15 août...
Puisque s'en suivra une étude approfondie des trois pièces de Racine au programme.rimbaud

   Entre les cris des enfants, et ceux des adultes qui tentent d'éviter les bêtises, la salade de courgettes à préparer et le lave-vaisselle à vider, j'avance, et je traîne aussi un peu...
  Tourner autour du pot, est-ce ma façon d'approcher une oeuvre ?
J'ai regardé Leonardo di Caprio jouer Rimbaud, je butine quelques vers, je lis quelques pages de cours...

Tout ceci mûrit. Pas à pas... lentement... et même si les jours passent que l'échéance approche, je voudrais goûter, savourer chaque seconde passée.
Même si toute la journée, j'entends "ce m'est pas le moment d'aller te coller à l'ordinateur, on a besoin de toi pour ci, pour ça ..."...

Pendant la rédaction de ce billet, j'ai dû m'interrompre 4 fois en quinze minutes : le boulanger, mon fils debout sur un fauteuil avec les bottes sales n'obéissant à personne lui demandant de descendre, mettre en route une machine de linge, râper les courgettes pour le repas de midi.
La semaine dernière, seule la nuit m'offrait quelque continuité dans ma pensée. Je crois qu'il sera nécessaire de reprendre ce rythme : 22 heures-2 heures... Quatre heures de travail au calme.
L'heure du repas approche, ma mère, toujours en activité, peu encline à comprendre la nécessité de se mettre devant un bureau à 11 heures du matin alors que l'heure du déjeuner approche, est de retour des courses.
   Je vais devoir laisser mon égoïsme de côté et rejoindre la collectivité.

Je n'en ai que plus de plaisir à retrouver, une fois la nuit tombée, l'enfant terrible de la poésie française.
Peu importe le flacon, l'ivresse guette. Plus rien ne peut m'arrêter...