Un peu de chick-litt pour reprendre doucement le rythme des billets avec une promesse fort alléchante : de quoi m'identifier au projet de vie de l'héroïne puisque ma famille, toutes proportions gardées, va peut-être bientôt s'engager dans le même.                                                            9780007265237

En quelques mots ...

Martha projette pour sa famille un nouveau mode de vie auquel bien des Londoniens aspirent : trouve un havre de paix à la campagne pour fuir la capitale, sa pollution et sa criminalité. Bien sûr, ce rêve ne va pas sans sacrifices puisque son mari, producteur de cinéma, va passer la semaine à travailler dans le quartier de Soho, ou en tournage à Los Angeles, sur l'Île de Man, ou je ne sais où.

   Pour Martha, aucun problème, elle est écrivain, et rédige aussi une colonne hebdomadaire dans un journal. Elle peut donc faire son travail depuis d'importe quel endroit. Et pour les enfants, enfin de l'espace et du grand air....

Au détour de visites de domaines champêtres, elle trouve la maison de ses rêves, au sens propre, puisque c'est un rêve qui est à la source de son projet. C'est sans compter le prix plutôt rédhibitoire, l'importance des travaux à réaliser, l'impossibilité de construire un garage au niveau de la chaussée alors que la maison est inaccessible pour un véhicule tant la pente de la colline est forte.... Mais peu importe, Martha s'y voit et ça y est, l'achat est fait.

  Mais bien sûr, au fur et à mesure des semaines qui passent, c'est dans un petit enfer que la famille s'est installée : le mari est de plus en plus absent, - la distance à parcourir depuis Londres devient un frein à ses retours surtout lorsqu'il passe son temps d'un plateau de tournage à l'autre, les amies de Martha manquent beaucoup à la jeune femme qui n'a pas de vie sociale, hormis devant la grille de l'école et l'isolement finit pas la faire fantasmer sur l'ouvrier, bien fait de sa personne, qui réalise les travaux de sa cuisine. Délaissée par un mari trop absent, et qui étrangement passe beaucoup de temps au téléphone avec Hatty, la meilleure amie de Martha, elle aussi dans l'industrie du film, Martha finit dans les bras du bel entrepreneur musclé... 

Quelques semaines plus tard, Martha découvre qu'elle n'a pas été ensorcelée par ses voisins dont elle fustige la plantation de peupliers qui lui gâchera la vue dès que ceux-ci auront poussé. Non, elle est tout simplement enceinte...

Et alors ?

Ah ben, c'est sans prétention, et c'est très bien comme ça. Les clichés s'enfilent comme des perles, mais dans la joie et la bonne humeur, alors moi, bon public, je marche. J'avoue que je n'ai que très peu lâché le roman tant j'étais entraînée dans l'histoire. Ben oui, moi aussi, je vais peut-être bientôt vivre à la campagne comme elle, avec un mari qui fera les trajets... de là à ce que je finisse parano en croyant qu'il passe ses nuits avec ma meilleure amie et que je tombe dans le bras du peintre en bâtiment. Brrrrr... j'en frissonne déjà.

   L'alternance entre la forme du carnet intime et les passages dactylographiés de la colonne du journal qui relate l'expérience de vie à la campagne de la jeune femme est plutôt bien vue, puisque c'est bien souvent par le contenu de l'article de journal que l'action progresse, et le journal intime sert de contrepoint nettement moins politiquement correct parfois.

Malgré tout, j'avoue que je suis restée sur ma faim. J'aurais bien aimé que tout ceci soit un peu plus creusé avec l'humour nécessaire à ce genre de littérature qui ne se prend pas au sérieux. Trop souvent, les ficelles sont un peu grosses et la mayonnaise qui pourtant avait bien monté a tendance à retomber comme un soufflé.

   Néanmoins, j'ai passé un bon moment, et c'est exactement ce qu'il me fallait au moment où je l'ai lu.

D'ailleurs, je vais peut-être envisager de reconsidérer mon projet d'exil campagnard.... ça a l'air vraiment dangereux!