Parce que je lis le rendez-vous hebdomadaire de Leiloona  (http://www.bricabook.fr) sans jamais manquer un épisode, Parce que cet été j'ai perdu celle qui était tout pour moi, parce que cette photo c'est un peu d'elle, quelques mots en guise d'hommage.

Rien n’avait bougé. La pierre comme toujours accumulait les dards solaires pour protéger la fraîcheur intérieure.

On pousserait la porte et ce serait la même torpeur, à la fois fraîche et douce, qui allait saisir l’épiderme pour le faire légèrement frémir.

 

Tout était là. En attente. Sur le seuil.  Négligemment entreposés, les produits de la terre étaient prêts à être réservés. Les derniers rayons de la soirée exhaleraient encore leur parfum avant que des bras expérimentés ne viennent les installer dans leur dernière demeure.

 

Mais tu n’es pas là, et tout l’univers est rempli de ton absence. Je n’ai jamais connu cette chaise vide, tu étais toujours à nous guetter, les mains occupées, burinées, agiles, fatiguées. Les années passaient et ta présence s’était faite comme une certitude, fragile certes, mais véritable défi au temps qui passe.

Les jours avaient figé les sillons du temps sur ton visage, mais tes yeux trahissaient l’espièglerie de ta pensée. Les travaux des champs n’avaient pas eu raison de ta mémoire et tes lèvres murmuraient les poèmes d’Apollinaire au rythme des tâches de l’été.

 

C’est mon premier soleil sans toi et même si c’était dans l’ordre de l’univers, je ne m’y fais pas.